jeudi 9 octobre 2008

Wifi: malaise dans les bibliothèques parisiennes


La décision de la mairie de réactiver certaines bornes débranchées après des plaintes du personnel ravive les inquiétudes.


«Je suis catastrophée de devoir vivre ça à nouveau.» Vent de panique aujourd'hui chez les bibliothécaires parisiens. Du moins chez ceux qui s'étaient plaints de malaises, l'an dernier, à la suite de l'installation du wifi dans les 59 bibliothèques municipales de la ville.
Les syndicats étaient alors montés au créneau et à l'automne quatre bibliothèques avaient obtenu le débranchement du wifi: Lancry (Xe arrondissement), Faidherbe (XIe), Italie (XIIIe), Vandamme (XIVe).Mais hier, dans le cadre de la réunion d'un comité d'hygiène et de sécurité, la mairie de Paris a pris la décision de rebrancher dans les prochains jours les bornes de ces quatre bibliothèques, en les repositionnant pour qu'elles soient moins proches des agents. La mairie avance deux arguments: les mesures du niveau de champ électromagnétique effectuées «par des laboratoires agréés» ont confirmé des niveaux «de 80 à 400 fois inférieurs au seuil réglementaire» et aucune pathologie n'a été diagnostiquée chez les agents ayant signalé des maux liés au wifi.
Maux de têteLe syndicat Supap-FSU, majoritaire dans les bibliothèques et très mobilisé sur la question, a aussitôt annoncé le dépôt d'un recours auprès du tribunal administratif, tandis que le groupe des Verts au conseil de Paris appelle la mairie «à éviter toute précipitation». La mairie rétorque qu'elle organisera une conférence citoyenne sur les ondes électromagnétiques, «dont les résultats sont attendus au plus tard au printemps 2009». A la bibliothèque Lancry, sur une dizaine d'employés, un sur deux disait souffrir de malaise, à différents degrés. «Maux de têtes, troubles du sommeil, palpitations, bourdonnements, picotements...», recense Marie-Claude Semel, bibliothécaire et représentante syndicale (Supap), elle-même concernée par ces troubles dont elle «ignorait l'existence il y a un an».
«C'est une nouvelle forme de handicap, qu'il faudrait traiter comme tel», dit-elle, ajoutant que plusieurs bibliothécaires n'osent pas faire part de leur malaise «de peur d'être traités d'hystériques».


«Les symptômes, on ne les invente pas»


Du côté des bibliothèques universitaires, où la problématique est la même, c'est pour l'instant le statu quo. A Sainte-Geneviève (Ve arrondissement), qui dépend de l'université Paris III, le wifi n'est toujours pas rebranché. Les bornes, installées il y a un an, avaient été désactivées en mai, le personnel ayant fait valoir son droit de retrait. «Sur la quarantaine de magasiniers présents en permanence en salle, cinq ou six personnes souffraient de malaises, maux de tête, troubles de l'équilibre, stress...», témoigne l'un des agents, lui même «électrosensible».
«Quand le wifi a été débranché, les symptômes se sont arrêtés net, l'effet a été immédiat.»
Comme beaucoup, il remet en cause le seuil réglementaire d'ondes «beaucoup trop élevé en France: on est au-dessous, et pourtant ces symptômes, on ne les invente pas». Et de plaider, comme certaines de ses confrères des bibliothèques municipales, pour un principe de précaution et donc une installation internet filaire dans les bibliothèques.


Article du 8 octobre 2008 / www.liberation.fr


Pendant ce temps, le Brésil expérimente le WiFi solaire


Un professeur de l'université de Sao Paulo a mis au point, avec ses étudiants, un point d'accès WiFi entièrement autonome, alimenté uniquement à l'énergie solaire. Pour la liaison à internet, le point d'accès est intégré dans un réseau de type Mesh (ou maillé), où chaque point d'accès est relié à un autre par les ondes, jusqu'à un accès réseau via une ligne téléphonique.
Le point d'accès comporte un panneau solaire et une batterie de mobylette, ce qui lui confère une autonomie de deux jours maximum, d'après le professeur Marcelo Zuffo. A terme, il veut miniaturiser le système et atteindre dix jours d'autonomie afin de faire face à l'exposition lumineuse réduite des journées d'hiver.
L'un des objectifs de cette initiative est de permettre à des écoles dépourvues de prise électrique d'accéder néanmoins à Internet. Couplé avec des ordinateurs issus du projet OLPC, l'idée semble cohérente et pourrait intéresser les gouvernements de pays émergents, du moins ceux qui sont favorisés en terme d'exposition lumineuse naturelle.


Par la rédaction, ZDNet France publié le 8 octobre 2008.

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