mercredi 3 septembre 2008

Bourses, prêts bancaires : des nouveautés pour les étudiants


Un quart des 80.000 étudiants rentrés hier en classe préparatoire sont boursiers. Le ministère peaufine son projet de prêt bancaire étudiant, qui pourrait être présenté en début de semaine prochaine.

Réforme des bourses, essor du mécénat d'entreprise et, à présent, prêt bancaire : confrontée à la délicate question des conditions de vie étudiantes, Valérie Pécresse cherche des solutions de financement. La ministre de l'Enseignement supérieur met la dernière main à son projet de prêt bancaire étudiant, qui devrait être dévoilé en début de semaine prochaine. L'emprunt, accordé par les banques, sera ouvert aux étudiants (y compris d'université) sans niveau de ressources, ni caution. Son remboursement pourra être différé jusqu'après l'obtention du diplôme.


Une première : jusqu'à présent, les prêts nécessitaient une caution parentale et ils étaient dans les faits essentiellement réservés aux étudiants des grandes écoles, dont les frais d'inscription sont plus élevés, mais dont les débouchés professionnels sont pratiquement assurés. Les étudiants bénéficiaient aussi de conditions plus avantageuses : flexibilité, taux préférentiels... Les tarifs de ce nouveau prêt devraient s'aligner sur ceux de la concurrence.


Une convention avec Oséo


Pour convaincre les banques de se tourner vers ce nouveau public réputé " moins sûr " (les débouchés professionnels sont moindres à l'université), le ministère devrait mettre en place un fonds de garantie dans le cadre d'une convention avec Oséo. Le système sera identique à celui mis en place pour les emprunts des PME qu'Oséo garantit à 70 %.
En évoquant pour la première fois le projet à l'automne dernier, le ministère envisageait d'y affecter 10 millions d'euros, en fusionnant le système avec celui des prêts d'honneur : ce sera sans doute moins. Les banques se montreront-elles intéressées par le dispositif de la rue Descartes ? Cetelem et la Banque Populaire le seraient. D'autres pourraient suivre, soucieuses de rester présentes sur le marché très convoité des jeunes.
Reste à savoir si les étudiants, eux aussi, joueront le jeu. Ce type d'emprunt, complémentaire des bourses, est très répandu à l'étranger, où les études supérieures, souvent plus chères, sont perçues comme un " investissement ". En France, les syndicats étudiants se sont jusqu'ici montrés plus réticents, craignant que l'Etat n'en profite pour se désengager (des bourses) ou rehausser les droits d'inscription.


Efforts envers les boursiers


Attaquée par les organisations sur le thème du pouvoir d'achat étudiant, Valérie Pécresse n'a eu de cesse ces derniers jours de mettre en avant ses efforts en direction des boursiers - quitte à susciter de nouvelles polémiques sur les montants attribués aux handicapés.

" Il faut démocratiser encore l'enseignement supérieur ", martelait-elle hier lors de la rentrée des classes préparatoires du lycée Claude-Bernard. Ce lycée parisien, dont les prépas accueillent 20 % de boursiers - la moyenne nationale grimpe à 23 % cette année -, a créé un dispositif destiné aux élèves modestes qui reçoivent un soutien et un hébergement en internat. Là aussi, le financement est innovant : il est en partie assuré par des mécènes privés (Nokia, Siemens, Schlumberger...).

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